Vous avez 5 minutes ? L’entretien a commencé comme ça. C’est bien plus que cinq minutes que Paulette va consacrer, la mémoire, l’âme du club de Saint-Hilaire-de-Riez. 76 ans, on dit son âge? Trop tard!
“Je suis justement dans mes photos là. Je regarde des photos de quand je créais »équipe féminine en 1992, voilà, où je joue là avec les filles, j »ai des photos là.” Elle jouait deuxième ligne, au soutien forcément au soutien. Paulette est devenue une institution à Saint-Hilaire, on arrive au club house, on est chez Paulette: “Le club house, c’est mon bar, ce sont les joueurs qui m’y ont mis.”
Et aujourd’hui, les jeunes disent que c’est dommage, ils n’ont pas mis la date.
“Paulette, tu as connu mon grand-père joueur, tu as connu mon père joueur, et tu me connais comme joueur, tu as trois générations”, voilà la transmission et l’affection. 76 ans depuis le 13 décembre, joueuse, bénévole, dirigeante…. “J’étais déjà bénévole quand j’étais joueuse, je suis arrivée en 1977. Ma fille est née en 1973, et elle dit, maman, on t’a toujours connu au rugby. En fait, j’ai eu trois enfants, mes deux filles et le rugby.” Ingrid et Jessica. Ingrid, l »aînée, qui aura 53 ans cette année et la petite qui aura 48 ans.
Les joueurs dans le car leur faisaient chanter les gens du Nord. Et Jessica était dans le couffin… “Ah, c’était merveilleux sourit Paulette, c’était merveilleux.”

Mais comment Paulette arrive au rugby? Talons aiguilles? Crampons ? “Mon premier mari faisait l’éducateur des enfants, c’est là d’où est venue l »équipe féminine, le premier tournoi féminin. Donc on est dans les années 75-77. Voilà, le père de mes enfants, décédé en 91.Ensuite, c’est le bureau du club qui m’a dit, “Paulette, en mémoire de ton mari, on va faire un tournoi féminin.” Autres temps autres époques, il était le seul à accepter les filles au rugby… Aucun autre éducateur ne voulait entendre parler des filles au rugby.
“Étant donné qu »il avait ses deux filles, c’est lui qui a commencé par les emmener au stade”, se souvient Paulette. Il les a entraînées, et les joueurs qui avaient des enfants, qui avaient des filles ont emboîté le pas de Jean-Loup. Et c’est pour ça que le bureau du club a décidé de créer le tournoi Jean Caillaud à la Pentecôte.
Les dirigeants ont changé, l’amitié et le souvenir sont restés. Le président m’a dit, se souvient la mémoire du club: “Il m’a dit, écoute Paulette, moi je recherche quelqu’un pour le bar, parce que c’est des gens anciens, ils ne veulent plus, ils sont fatigués, donc il recherche quelqu’un, et moi je te verrai bien au bar.C’était en 1976-1977, ça fait 48 ans! Mes filles me disent, maman, ça fera 50 ans en 2026, oh la vache! Pardon! C’est merveilleux, c’est merveilleux.”

Ce dévouement, cette dédication valait bien une récompense: 7ème arrondissement de Paris, il y a un mois… Paulette, émue, se souvient très bien: “Jean-Luc le président du club m’a appelé et m’a dit “Paulette on t’offre ça, c’était toute la France de toutes les régions, c’était merveilleux.” Il y avait Florian Grill le président de la FFR, AbdelatifBenazzi le vice-président pour la remise de la médaille de la fédération française de rugby.
Un dernier rêve, Paulette? “Antoine Dupont… c’est mon rêve de rencontrer…” Merveilleuse Paulette.