A quelques jours de l’ouverture du Tournoi des six nations, l’occasion est belle pour se pencher sur le cas du club de Vannes. Certes il est susceptible de ne fournir qu’un joueur pour cette compétition, Dave Cherry, le talonneur écossais. Une nation parmi bien d’autres représentées au club.
La Bretagne terre d’accueil, oh que oui. Parmi l’effectif de l’équipe première de PRO D2 du RC Vannes, le leader actuel, le coach Jean-Noël Spitzer compose avec des joueurs internationaux ou ancien internationaux représentants la France, douze nations (et la Bretagne évidemment).
L’incroyable appel des couleurs à la Rabine
Si l’on se plonge dans les fiches détaillées de la base de données ItsRugby, le constat est sans appel : le vestiaire vannetais ressemble à une annexe de l’ONU, ou plutôt à une formidable auberge espagnole où les accents se mélangent pour former le langage de la gagne.
Le joyau de la couronne est évidemment Mako Vunipola (Angleterre), dont les 79 sélections et les tournées avec les Lions pèsent une tonne. Mais derrière le colosse, c’est un inventaire à la Prévert version ovale qui s’étale :
- L’Amérique Latine en force : La grinta est assurée par le contingent argentin composé de Francisco Gorrissen, Santiago Medrano et Juan Bautista Pedemonte, épaulés par les Uruguayens Jean Cotarmanac’h et Inaki Gurruchaga, sans oublier le facteur X chilien Inaki Ayarza.
- La puissance du Pacifique : Les îles sont représentées par les Fidjiens Kitione Kamikamica et Filipo Nakosi, le Tongien Sione Kalamafoni, et la classe néo-zélandaise de l’ancien All Black Francis Saili.
- L’exotisme européen : Outre l’Écossais Dave Cherry, Vannes compte sur l’Italie avec Edoardo Iachizzi, la Belgique avec Charles-Henri Berguet, l’Allemagne avec Eric Marks, et la Géorgie avec le demi de mêlée Mikheil Alania.
- Le cas particulier : Notez enfin la présence de Nick Schonert, Sud-Africain d’origine qui lorgne vers l’Allemagne.
Un jeu de chaises musicales de luxe
Cette richesse multiculturelle impose toutefois une gymnastique particulière au staff breton. Avoir un effectif galactique, c’est accepter que la composition d’équipe se transforme en un jeu de chaises musicales permanent lors des fenêtres internationales.
Quand le Rugby Championship appelle les Sud-Américains ou que la tournée du Pacifique mobilise les îliens, Jean-Noël Spitzer doit jongler. Mais ne nous y trompons pas : c’est un « casse-tête de riche ». Là où d’autres clubs de Pro D2 bricolent pour trouver un titulaire, le RCV pioche dans un réservoir inépuisable. C’est la rançon d’une gloire nouvelle : Vannes ne subit pas ses internationaux, le club s’offre le luxe de prouver que même quand la musique s’arrête et que les stars partent en sélection, il reste toujours assez de talent assis sur le banc pour continuer à gagner.