« Pas habitués à ça » : Comment les All Blacks ont su éviter la crise… jusqu’à maintenant

Deux semaines après l'éviction de Scott Robertson, les tumultes au sein de la sélection néo-zélandaise continuent de faire parler au pays du long nuage blanc. Sur place, notamment dans la presse, alors que les organes décisionnaires ont toujours su éviter la crise avec des décisions anticipées, on questionne l'identité même des All Blacks. Retour sur un maintien de façade où tout reste - provisoirement - à réparer.
Le capitaine Ardie Savea et le sélectionneur Scott Robertson étaient notamment en froid. Photo : Icon Sport.
Le capitaine Ardie Savea et le sélectionneur Scott Robertson étaient notamment en froid. Photo : Icon Sport.

« Pas habitués à ça » : Comment les All Blacks ont su éviter la crise… jusqu’à maintenant

Deux semaines après l'éviction de Scott Robertson, les tumultes au sein de la sélection néo-zélandaise continuent de faire parler au pays du long nuage blanc. Sur place, notamment dans la presse, alors que les organes décisionnaires ont toujours su éviter la crise avec des décisions anticipées, on questionne l'identité même des All Blacks. Retour sur un maintien de façade où tout reste - provisoirement - à réparer.

Le sujet est prenant. On cherche encore des réponses. Quand la Nouvelle-Zélande a annoncé la fin de l’ère Scott Robertson, il y a une quinzaine de jours, le pays a retenu son souffle. Plus qu’un simple changement de sélectionneur, c’est le fragile équilibre entre pouvoir fédéral, vestiaire et opinion publique qui s’est retrouvé exposé. Pourtant, et malgré les rumeurs de dissidence, les All Blacks ont jusqu’ici évité l’explosion collective.

Pourtant, la décision de New Zealand Rugby de se séparer de son sélectionneur après un revue salée de fin de saison, qui a sonné comme un coup de tonnerre comme rarement, n’est pas illogique. Le head coach, en poste deux ans seulement, présente un bilan contrasté – des victoires marquantes, mais aussi des revers historiques qui ont pesé lourd dans l’équation.

Mutinerie et soulèvement

Immédiatement, le débat s’est cristallisé autour d’un mot, repris en boucle par le Nouvelle-Zélande Hérald : « mutinerie« . Certains médias ont soufflé sur l’idée que des cadres, à l’image d’Ardie Savea, auraient poussé l’ancien coach des Crusaders vers la sortie. La fédération a dû répondre. Vite. David Kirk, président de la NZR, a fermement démenti l’existence d’un « soulèvement » des joueurs, qualifiant les réponses des cadres de « mesurées et réfléchies« .

Reste que cette mesure, prise à moins de deux ans de la Coupe du monde chez le voisin australien, tombe peut-être un peu tard, peut-être aussi très (trop) brutalement pour une nation où tout semble carré depuis des lustres. Surtout que les All Blacks se cherchent depuis un sélectionneur. Et que les noms circulent, sans officialisation. « On nous avait pas habitué à ça du côté de la fédération, toujours en avance sur son temps, capable d’anticiper le moindre accroc, de voir toujours tout venir« , peut-on notamment lire dans la presse locale. Des décisions et une structuration en avance sur leur temps, qui n’ont certes pu éviter quelques sorties de route (défaite contre la France en quart-de-finale en 2007, contre l’Angleterre en 2019 en demi-finale), mais qui ont permis de maintenir les All Blacks au sommet.

Scott Robertson lui-même a pris la parole, disant être « gutted » (abattu) par la tournure des événements, tout en assumant son respect pour l’honneur d’avoir dirigé les All Blacks. Sa déclaration a tempéré l’atmosphère : l’émotion personnelle du coach a empêché, du moins publiquement, que la controverse ne dégénère en guerre civile médiatique.

Le cas Savea

Reste la figure d’Ardie Savea, dont le nom est revenu en écho dans de nombreux papiers. Lui, qui a assuré plusieurs capitanats, est décrit comme « sérieusement mécontent » par certains titres locaux – descriptions relayées par la presse internationale et par des analystes qui voient dans ses prises de position la symptomatologie d’un malaise plus large.

Mais le troisième-ligne, élu meilleur joueur du monde en 2023, pourrait être aussi l’illustration de ses « nouveaux joueurs capables de se positionner au-dessus du maillot« , écrit-t-on. En clair, une individualité « au-dessus » de l’institution. Et ça, petite nouveauté en soi, ce n’est guère apprécié chez les triples champions du monde. Malgré son lot de très grands joueurs, aux influences internationales et parfois même au-delà de l’ovalie, la sélection néo-zélandaise a toujours fonctionné collectivement, de manière presque « corporate ».

Niveau d’exigences

Mais loin d’une revendication organisée, il semble surtout que les tensions aient pris la forme « d’exigences« , complète le New-Zeland Herald : clarifier les responsabilités, changer le cap tactique et redonner au groupe une direction claire.

Pourquoi alors le pays n’a-t-il pas totalement basculé dans la crise, qui couve néanmoins grandement ? Parce que, paradoxalement, la culture rugbystique néo-zélandaise et la prudence des instances ont joué un rôle modérateur. Le processus officiel – revue, auditions, communiqué mesuré – a permis d’absorber la déflagration. Les voix discordantes ont été médiatisées mais non institutionnalisées ; les leaders ont préféré la menace de démission à l’affrontement frontal. Les commentateurs parlent d’un « correctif nécessaire » plutôt que d’une révolution.

La « paix » tenant à un fil, le chantier reste immense, à savoir renforcer la cohésion, renouveler le staff, et surtout reconstruire la confiance entre joueurs, entraîneurs et supporters. Une harmonie qui ne s’était jamais vraiment montrée aussi fragile que ces derniers mois.

À deux ans de la Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande a choisi l’apaisement procédural plutôt que la confrontation. Reste qu’une telle déflagration n’est guère dans les habitudes des Néo-Zélandais. Mais apaisement ne veut pas dire non plus résolution. Car si les demandes des cadres ne sont pas transformées en actes concrets, le calme d’aujourd’hui risque fort d’être la tempête de demain. Si ce n’est pas déjà le cas…

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