Champions cup, pourquoi tout le monde ne la joue pas vraiment

Vingt-quatre équipes au départ, mais combien au rendez-vous ? En Champions Cup, la deuxième journée pourrait confirmer une impression persistante : certains clubs jouent l’Europe, d’autres la traversent, et beaucoup semblent surtout regarder ailleurs.
Toulousains et Bordelais sont bien placés et armés pour remporter le titre cette année encore. Photo : Hugo Pfeiffer/Icon Sport.
Toulousains et Bordelais sont bien placés et armés pour remporter le titre cette année encore. Photo : Hugo Pfeiffer/Icon Sport.

Champions cup, pourquoi tout le monde ne la joue pas vraiment

Vingt-quatre équipes au départ, mais combien au rendez-vous ? En Champions Cup, la deuxième journée pourrait confirmer une impression persistante : certains clubs jouent l’Europe, d’autres la traversent, et beaucoup semblent surtout regarder ailleurs.

L’Europe du rugby se voulait un sommet, elle ressemble parfois à un plateau brumeux. À l’heure de la deuxième journée de Champions Cup, les ambitions se dispersent, les effectifs se fragmentent, et la compétition peine encore à dire ce qu’elle est vraiment.

Alors que les feuilles tombent et que l’hiver étire ses longues nuits, la Champions Cup, grande messe du rugby continental, se perd encore dans les brumes d’un automne tardif. Après une première salve de matches qui n’a fait que renforcer les interrogations, la deuxième journée, ce week-end, ne promet pas tant de répondre aux doutes qu’à les amplifier : qui joue vraiment cette épreuve, et qui s’y échoue ?

Vaste tableau impressionniste

Le constat est aussi cru que lucide. Thomas Ramos, l’un des artisans du Stade toulousain, l’a formulé sans détour il y a une dizaine de jours : au sein d’un plateau de vingt-quatre équipes, combien jouent réellement la Champions Cup ? « Si tu t’amuses à compter combien jouent vraiment cette compétition, tu as largement assez de doigts avec tes deux mains« , lançait-il après la première journée. Une pique, mais aussi un rappel à l’ordre. La compétition, dans son format actuel, ressemble à un vaste tableau impressionniste où les couleurs fusionnent sans contours nets.

Certains protagonistes – notamment sud-africains – ont opté pour des rotations massives, envoyant des formations affaiblies sur le terrain, alors que les équipes traversent deux continents pour s’affronter (l’emprunte carbone on en parle ?), et les contraintes calendaires liées à la tournée internationale n’arrangent rien. Premier fait.

Matches tampons

Pourtant, au cœur de ces incertitudes, des projets plus tangibles surgissent. Mise à part Antoine Dupont, de retour de blessure et titulaire face aux Glasgow Warriors, tel un phare pointant vers des rivages plus sereins, le weekend propose une palette de duels contrastés. À Cape Town, les Stormers – invaincus en URC – accueillent La Rochelle, double champions il y a 3 ans de cela, qui a choisi de ménager plusieurs cadres. Si ce n’est tous.

L’ASM Clermont et les Sale Sharks se retrouvent au Michelin dans un face-à-face où l’enjeu apparaît d’abord comme une ultime chance de croire encore à quelque chose. Et puis il y a les « matches tampons » : des affiches où l’on scrute davantage qui manque à l’appel que qui se dépasse. Le système de bonus offensif, différent de ce que l’on connaît en Top 14, a engendré quantité d’essais et d’écarts de score, mais guère de suspense.

16 équipes qualifiées

Dans un format où seize des vingt-quatre participants se qualifieront pour la phase finale après quatre journées, le sentiment que le véritable enjeu se situe ailleurs persiste, comme une note basse dans une sonate qui cherche encore sa clé.

Aux abords des stades, les passions locales peinent à fédérer. Mais à vrai dire, à l’échelle européenne, la Champions Cup donne parfois l’impression d’une grande interrogation collective, une compétition tiraillée entre l’ambition affichée de réunir les meilleurs clubs d’un continent (et d’Afrique du Sud, on a bien du mal à s’y faire…) et la réalité de calendriers ultra-chargés, de désengagements partiels et d’équipes aux motivations disparates.

Ce week-end encore, on se demandera plus qui joue la Champions Cup que qui la gagnera. Mais peut-être, au détour d’un plaquage décisif ou d’une percée lumineuse, une clarté émergera, dessinant enfin le cap de ce navire incertain qu’est l’Europe du rugby : un cap vers une compétition capable de faire rimer passion avec excellence, au-delà des doutes et des calculs.

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