Le rugby mondial est ‘“open” depuis 1995 (l’athlétisme depuis 1992, le football depuis 1885, le tennis en 1973) suite à la déclaration historique de Vernon Pugh, alors président de l’IRB, l’ancêtre de Wortld Rugby. Mais il a fallu attendre 1998 et la création de la Ligue Nationale de Rugby sous l’impulsion volontariste de la ministre des sports de l’époque Marie-Georges Buffet pour que les joueurs deviennent réellement salariés de clubs pros en France.
Rapidement, les salaires ont connu une rapide augmentation, de 5000 euros mensuels en moyenne en 2000 à plus de 15 000 euros vers 2015.
Les disparités de traitement par poste ont toujours existé, c’est le poste de demi d’ouverture qui a connu la plus forte augmentation : en valeur absolue (+83k€/an), confirmant son statut de « clé de voûte » du jeu. A noter: Tous les postes ont connu une augmentation remarquable des salaire.
Le cas spécifique du « Pilier Gauche » (N°1) mérite une attention particulière. Avec +40% d’augmentation (le record), ce poste subit une pénurie de profils de haut niveau, notamment chez les JIFF, ce qui fait flamber les enchères.
Le Covid a marqué un solide coup de frein sur les salaires (-10%), années 2020/21, mais la reprise de l’activité, la réouverture de stades ont ramené la croissance des budgets des clubs et le volume des salaires.
| Position (Poste) | 2016 en K € | Evolution (%) | 2025 en K € |
| 1 (Pilier G) | 185K | +40% | 260K |
| 2 (Talonneur) | 215K | +13% | 245K |
| 3 (Pilier D) | 200K | +22.5% | 245K |
| 4 (2e Ligne) | 250K | +16% | 290K |
| 5 (2e Ligne) | 280K | +7% | 300K |
| 6/7 (3e Ligne Aile) | 220K | +9% | 240K |
| 8 (3e Ligne Centre) | 270K | +9% | 295K |
| 9 (Mêlée) | 230K | +13% | 260K |
| 10 (Ouverture) | 260K | +31% | 343K |
| 12/13 (Centres) | 250K | +10% | 275K |
| 11/14 (Ailiers) | 200K | +12.5% | 225K |
| 15 (Arrière) | 220K | +13.5% | 250K |
Soucieuse d’éviter un phénomène de bulle, la LNR, et donc les présidents de club, avaient voté dès 2010 l’instauration d’un salary cap. Le montant maximum cette saison a été fixé à 10,7 millions d’euros.(+180 000 par joueur international figurant sur la liste Premium).
| Budget | 2016 | Evolution (%) | Budget 2025 |
| Budget moyen | 23.35M€ | +46% | 34.09M€ |
| Top 3 Biggest (3+ gros) | 29.85M€ | +59.5% | 47.65M€ |
| Top 3 Smallest (3+ petits) | 17.15M€ | +21.85% | 20.90M€ |
Cette inflation des salaires est à rapprocher de celle des budgets des clubs et de l’augmentation jamais démentie du diffuseur historique Canal +.
| Droits TV | 2016 | Evolution (%) | 2025 |
| Montant | 71M | +60.5% | 114M |
*Les salaires moyens par poste ne tiennent pas compte de ceux des contrats espoirs (hors salary cap si inférieurs à 50 000 euros brut annuel)
*Plus de 600 joueurs composent les groupes pros des clubs du Top 14
Salaire moyen comparée du Top 3 entre 2016 et 2026
On note un changement géopolitique majeur : en 2016, les stars venaient de l’Hémisphère Sud (NZ, Australie). En 2025, ce sont les Britanniques qui dominent le marché, fuyant la crise financière de la Premiership anglaise.
Top 3 joueurs les mieux payés en 2016 (salaires estimés)
- Dan Carter 72 000 / mois
- Matt Giteau 66 000 / mois
- Leigh Halfpenny 55 000 / mois
Top 3 joueurs les mieux payés en 2025 (salaires estimés)
- Owen Farrell 100 000 euros / mois
- Dan Biggar 75 000 / mois
- Antoine Dupont 71 000 / mois
Si l’écart se creuse entre les « gros » et les « petits » budgets, la puissance financière du Top 14 ne se dément pas. Porté par la fidélité de son diffuseur, le championnat de France confirme son statut d’Eldorado du rugby mondial, capable désormais de rémunérer un ouvreur à 1,2 million d’euros l’année.