De Châteaubriant à Segré : Mehmet Oskan impose sa force turque

Il est arrivé de Turquie en 1981, à l'âge de quatre ans, dans une famille venue travailler à la fonderie de Châteaubriant. Rien ne prédestinait Mehmet Oskan à embrasser le ballon ovale, un sport que son père jugeait "nul". Quarante ans plus tard, l'ancien demi de mêlée devenu entraîneur à Segré ne peut toujours pas se passer de l'odeur du vestiaire. Portrait d'un homme qui a transmis le virus à son fils, solide pilier du REC.

De Châteaubriant à Segré : Mehmet Oskan impose sa force turque

Il est arrivé de Turquie en 1981, à l'âge de quatre ans, dans une famille venue travailler à la fonderie de Châteaubriant. Rien ne prédestinait Mehmet Oskan à embrasser le ballon ovale, un sport que son père jugeait "nul". Quarante ans plus tard, l'ancien demi de mêlée devenu entraîneur à Segré ne peut toujours pas se passer de l'odeur du vestiaire. Portrait d'un homme qui a transmis le virus à son fils, solide pilier du REC.

Mehmet Oskan a découvert le rugby en arrivant en France il y a plus de 40 ans. Un sacré parcours et une passion jamais démentie.

“Je suis né le 10 mars 1977, j’ai donc 48 ans et j’ai rejoins mon père en France en 1981.” Ainsi parle Mehmet Oskan, rugbyman, entraîneur et père de rugbyman. Le père est arrivé en France dans les années 70, le pays avait besoin de main d’œuvre. La suite, c’est un rapprochement familial, ce sera à Châteaubriant, une vingtaine de familles, Fonderie oblige, une filière turque s’établit au point qu’aujourd’hui, la communauté des compatriotes de Mehmet représente 10% de la population de Châteaubriant, “On doit être 1 400 sur 13 000 habitants”, souligne l’époux de  Mertap. Marié, quatre enfants dont un grand garçon de 23 ans pilier en espoirs au REC, belle bête de 120 kilos. “De toute façon, dès qu’il a su marcher, il était dans les vestiaires, s’amuse Mehmet. Du coup, lui, il a joué au Stade Nantais jusqu’à la saison dernière avant de signer au REC où Kévin Courties et les coaches font du super boulot. Le Rennes Etudiants Club, c’est bien, respect,”

Mais alors comment on arrive à pousser la porte d’un club de rugby quand on a 8 ans, qu’on est Turc, pays hyper sportif mais pas connu pour une passion pour le ballon ovale ? 

Explication de Mehmet qui se souvient: “J’avais des copains quand je suis arrivé en France. J’avais des copains avec qui je joue toujours. Même aujourd’hui, Armand Martin et Pascal Fouchère… Et eux, ils jouaient au rugby, j’habitais à côté du stade, ça facilite pas mal les choses. C’est pour ça que moi, je suis venu. Parce que j’avais des copains de l’école avec qui j’étais à l’école. J’ai essayé, je ne comprenais pas trop les règles. Ça m’a plutôt plu (rires).” Les dirigeants l’ont pris un peu sous leurs ailes. l’ont accompagné. Et depuis? “Je ne sais pas ce qu’est la vie sans le rugby.” 

La maman a dû être un peu inquiète au début, de la même manière que l”épouse a dû être inquiète pour les enfants. “Oui, mais mon grand, il fait quand même 120 kg. J’ai dit, inquiète-toi plutôt pour ses adversaires!”.

Les parents de Mehmet n’étaient pas anti-rugby, mais presque. Ils ne comprenaient pas pourquoi le fils faisait ce drôle de sport-là. “Quand mon père est venu ici en France pour gagner sa vie, pour gagner de l’argent, il me disait, tu ne vas pas faire ça. C’est nul,quoi! Fait autre chose, un autre sport. Mais moi, c’est ça qui me plaisait, c’était le rugby.”

Aujourd’hui carreleur, de grosses cuisses et les reins solides, c’est à la mêlée que Mehmet a sillonné les terrains de Chateaubriand, Saint-Nazaire et désormais Segré.

“Aujourd’hui, j’ai plus un physique de pilier! Avant, je jouais numéro neuf. Mais je suis apte à jouer pilier… mais pas mentalement.”

Pourquoi avoir arrêté à 40 ans? Et pas 39 ou 41 ? “J’ai voulu jusqu’à 40 ans. Pour moi, c’était 40. Et puis, j’ai voulu dire à ma femme jusqu’à 40. Après, on ira faire les châteaux de la Loire… mais elle attend toujours qu’on les fasse: pourtant, ce n’est pas loin mais le dimanche, j’ai rugby. Je continue à entraîner Segré en en R1. Ça fait huit ans. C’est un club qui est tout jeune, qui n’a même pas 30 ans.” Au point de rechausser les crampons pour dépanner! “Je les ai remis parce qu’il n’y avait pas assez de joueurs. Cette année. J’ai encore été sur la feuille de match, parce qu’on n’était que 15. Et sinon, on était forfait.

Du coup, en me mettant sur la feuille de match, on était 16. Donc, on n’était pas forfait. En passant, je leur ai dit que je ne rentrerai pas sur le terrain, qu’il ne fallait pas qu’ils comptent sur moi. Donc, pas de blessés ni rien, comme par hasard!”. Plus le temps passe, plus les terrains sont longs. On a même l’impression qu’ils sont en pente! “On voit des trous, on pense que ça va passer, mais non, ça se referme trop vite. On est trop lent. Je ne sais pas, il y a un truc qui… Dans notre tête, on voit plein de trucs. On voit le geste, mais non, ça ne marche pas. Il manque un truc!” 

Le mot de la fin? “Aujourd’hui, ce qui manque, c’est le vestiaire. Moi, j’adore ça. C’est toute la préparation, c’est tout ça. Une fois qu’on joue, ce n’est pas du tout le même stress que d’être entraîneur. Tu joues, tu t’envoies. Sauf qu’il n’y a pas de questions. Quand on est entraîneur, on se pose des questions.”

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