Le monde du rugby français, longtemps miné par des tensions latentes entre la Fédération française de rugby et la Ligue nationale de rugby, vient d’assister cette semaine à un compromis historique. Le président de la FFR, Florian Grill, et son homologue de la LNR, Yann Roubert, ont présenté les contours d’une nouvelle convention liant les deux institutions jusqu’en 2032, avec l’ambition affichée de concilier performance internationale et compétitivité des clubs.
Allègement de la charge physique
L’un des points les plus médiatisés est celui de la mise à disposition des joueurs internationaux pour les rendez-vous majeurs comme le Tournoi des Six Nations ou le Championnat des Nations à venir. Bien que le groupe des sélectionnés reste à 42 joueurs, des mesures de rotation ont été introduites pour alléger la charge physique, notamment en limitant les allers-retours entre club et camp national. Comme l’a rappelé Fabien Galthié : « Quand on envoie au casse-pipe des mecs épuisés, on ne performe pas… » Une formule qui résume la philosophie de cet accord.
🚨La FFR et la LNR se sont entendus pour la nouvelle convention 2026-2031 ! Voici ce qu'il faut retenir :
— Sud Radio Rugby (@SudRadioRugby) January 20, 2026
➡️ Reconduction des groupes de 42 joueurs en équipe de France (14 relâchés) mais des rotations parmi ces 42
➡️ Création d'un "comité santé" pour veiller à la santé mentale… pic.twitter.com/uPJndYzGfT
Plus de latitude pour Galthié, moins de contraintes fixes. Traditionnellement, l’encadrement des Bleus était contraint par des quotas stricts de joueurs issus des clubs finalistes du Top 14, limitant la liberté stratégique du sélectionneur. Désormais, il n’existe plus de quotas figés ; la sélection pourra intégrer autant de finalistes du championnat national qu’elle l’estime nécessaire, à condition de conserver un dialogue étroit avec les managers des clubs professionnels sur la gestion de la charge de travail et la santé des internationaux. Sujet sensible en perspective…
Suppression du match d’accession en ProD2
Cette latitude élargie s’accompagne d’un retrait d’une autre disposition désormais jugée obsolète : la suppression du match d’accession entre le quinzième de Pro D2 et le finaliste de Nationale. À partir de la saison 2027-2028, deux montées et deux descentes directes seront la règle, ce qui facilitera la fluidité entre divisions et permettra à la Nationale de passer à 16 clubs.
Un pacte plus global pour le rugby est prévu. Au-delà des seuls enjeux de l’équipe nationale, la convention entend renforcer le rugby dans son ensemble. la LNR s’engage ainsi à augmenter ses contributions financières à la FFR, avec un accent particulier sur le soutien au rugby amateur, considéré comme la base essentielle du mouvement. Selon les parties, près de 13 millions d’euros supplémentaires seront fléchés vers des projets de développement local. Une révolution…
Un vrai tournant ?
Cette approche inclut également la structuration des hautes performances. Parallèlement, la fédération et la ligue ont déjà engagé des dispositifs spécifiques pour la préparation de l’équipe de France à 7 en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, prolongeant un modèle de mise à disposition des joueurs en collaboration avec les clubs professionnels.
Un tournant après des années de tensions ? La nouvelle convention s’inscrit dans un contexte où la relation entre FFR et LNR n’a pas toujours été harmonieuse : des accords antérieurs sur la disponibilité des internationaux ou les listes de joueurs protégés ont souvent fait l’objet de discussions âpres et d’adaptations successives. Cette fois, le bilan est perçu comme un compromis gagnant-gagnant, où performance du XV de France, santé des joueurs et dynamisme des clubs trouvent – pour l’instant – un terrain d’entente stable.
Alors que les prochains grands défis internationaux approchent, cette convention pourrait bien devenir le socle d’une nouvelle ère pour le rugby français, capable d’allier ambitions collectives et respect des rythmes individuels. C’est en tout l’objet de cette nouvelle convention renforcée… Il n’y a plus qu’à.