Tournoi 2026 : Un groupe France aux allures « sud-africaines » ?

Avec l’annonce d’une liste élargie de 42 joueurs pour préparer le Tournoi des Six Nations, Fabien Galthié a envoyé un message clair au rugby européen. Derrière la continuité affichée, se dessine une orientation de jeu plus pragmatique, plus dense, presque sud-africaine dans l’âme. Une équipe de France qui assume désormais la conquête, la puissance et la pression comme fondations de son ambition. On vous explique.
On le tente : les profils des joueurs figurant sur la liste des 42 ressemblent à ceux de la sélection sud-africaine. Photo : Eliot Blondet/ABACAPRESS.CO/ Icon Sport
On le tente : les profils des joueurs figurant sur la liste des 42 ressemblent à ceux de la sélection sud-africaine. Photo : Eliot Blondet/ABACAPRESS.CO/ Icon Sport

Tournoi 2026 : Un groupe France aux allures « sud-africaines » ?

Avec l’annonce d’une liste élargie de 42 joueurs pour préparer le Tournoi des Six Nations, Fabien Galthié a envoyé un message clair au rugby européen. Derrière la continuité affichée, se dessine une orientation de jeu plus pragmatique, plus dense, presque sud-africaine dans l’âme. Une équipe de France qui assume désormais la conquête, la puissance et la pression comme fondations de son ambition. On vous explique.

On le sait, nos propos feront débat, et tant mieux. Il n’y a pas eu de révolution spectaculaire dans cette annonce, malgré trois grands absents sacrifiés sur l’autel de la nouveauté, à savoir Fickou, Penaud et Alldritt. Rien que ça, quand même ! Pourtant, à la lecture attentive de la première liste des 42 joueurs qui vont préparer le Tournoi, quelque chose a changé. Ou plutôt, quelque chose s’est affirmé. Fabien Galthié poursuit son œuvre, mais il en durcit les contours. La France version 2026 ne renie pas son talent, mais peut-être qu’elle l’encadre. Elle muscle son jeu, densifie ses profils, sa ligne de conduite, et semble regarder le modèle du côté de l’Afrique du Sud… Pourquoi ?

Le premier signal est dans les chiffres. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, mais jamais le réservoir d’avants n’a paru aussi dense, aussi homogène, aussi athlétique. Surtout en troisième-ligne. Et cela malgré les méformes des uns, ou les blessures des autres. Des piliers puissants et mobiles, rompus au très haut niveau, des deuxièmes lignes à la fois lourds et mobiles, des troisièmes lignes (quel réservoir s’il vous plaît !) capables de répéter les collisions et les grattages sans perdre en efficacité. La priorité est claire : gagner la ligne d’avantage, user l’adversaire, imposer un tempo physique. Comme l’Afrique du Sud sait si bien le faire, la France veut d’abord dominer devant pour ensuite envoyer la cavalerie derrière. La base du rugby, en quelque sorte. Et, au final, pas grand chose de nouveau dans le plan Galthié.

Une histoire d’inspiration

Ce choix confirme néanmoins que le staff des Bleus n’a pas renoncé au panache, mais apporte bien une réponse au rugby moderne. Les Springboks ont montré la voie : une conquête sécurisée, une défense étouffante, un jeu au pied chirurgical et la capacité à basculer un match sur des détails. Galthié et son staff l’ont compris, on le pense. Pourquoi donc ne pas s’en inspirer ? Dans cette liste, chaque poste ou presque possède un doublon au profil similaire. La concurrence est frontale, assumée, mais laisse transparaître une forme de continuité. Si ce n’est à l’ouverture, ou les profils Ntamack et Jalibert sont diamétralement opposé.

Cette orientation se retrouve aussi dans la gestion de la ligne de trois-quarts. Des profils purement créatifs, davantage de joueurs complets, solides sous les ballons hauts et à l’impact, capables de défendre fort au centre du terrain et d’assurer le jeu sans fioritures avec une vitesse affolante. De Kolbe à LBB, de Arandse à Attissogbe, de Kriel à Deporterre, de De Allende à Moefana… Les profils sont relativement proches. Là encore, l’inspiration est sud-africaine, non ?

L’équation est simple : sécuriser avant d’accélérer, contrôler avant de libérer. Le tout avec un jeu au pied aussi (si ce n’est plus encore) performant que l’Afrique du Sud. Reste l’aspect tactique, qui reste l’arme fatale des Springboks… et qui a fait tant mal au XV de France encore cet automne. Sur ce point, les hommes de Galthié ont plusieurs fois changé leur style de jeu. Une polyvalence en soi, même si le modèle choisi ne correspond pas toujours à l’adversaire. Reste que si l’on regarde à court terme et notamment le match contre l’Irlande, le jeu à « la sud-africaine » est une option, une vraie option. Un schéma déjà utilisé par la France à Dublin, l’an dernier d’ailleurs, pour un résultat des plus réjouissant.

Culture de l’exigence

Pour autant, réduire cette équipe de France à une simple copie des Springboks serait une erreur. Tenter la comparaison – et la provocation – en est peut-être une aussi. La différence tient dans la richesse technique des joueurs français. Même dans un cadre plus contraint, le talent affleure. La capacité à faire vivre le ballon, à créer dans les espaces les plus réduits qu’ils soient, reste intacte. Simplement, elle s’exprime désormais dans un cadre plus strict, plus méthodique. Le chaos n’est plus recherché, il est peut-être provoqué.

Carte des Joueurs – Actuel vs Formateur
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La XV de France semble assis sur un trône – puisqu’il est toujours le tenant du titre – de stabilité, mais aussi d’affirmation. Les grandes promesses doivent désormais se transformer en titres. Le Tournoi des Six Nations n’est plus un laboratoire, mais un objectif immédiat. Alors oui, c’est la même musique depuis quelques années maintenant. En élargissant son groupe à 42 joueurs, Galthié prépare autant le présent que l’avenir, cultive une culture de l’exigence et de la rotation maîtrisée, à l’image des grandes nations dominantes.

Notre avis : la France avance donc, solide, sûre de ses forces, prête à accepter des matchs âpres, fermés, parfois ingrats. Une France qui sait gagner autrement, différemment. Une France qui, sans renier son identité, accepte enfin de parler le langage universel du rugby qui gagne : celui de la puissance, de la discipline et de la pression et de l’efficacité. À la sud-africaine, oui. Mais avec l’accent bleu. Rassie Erasmus serait-il définitivement entré dans la tête de notre Fabien Galthié ?

Le XV de France que nous voyons bien commencer contre l’Irlande :

  1. Baille, 2. Marchand, 3. Atonio ; 4. Guillard, 5. Meafou ; 6. Cros, 8. Jelonch, 7. Boudehent ; 9. Dupont (cap), 10. Jalibert ; 11. LBB, 12. Moefana, 13. Deporterre, 14. Attissogbe, 15. Ramos.

Finisseurs : 16. Mauvaka, 17. Gros, 18. Tatafu, 19. Ollivon, 20. Jegou, 21. Matiu, 22. Serin, 23. Gourgues

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