Après de longues semaines de préparation physique sous la chaleur et des matchs amicaux pour se jauger, les 16 clubs de Pro D2 voient enfin arriver le retour aux choses sérieuses. La saison s’ouvre ce vendredi du côté du Pays basque avec Biarritz – Béziers (19 heures), suivi de près par quatre autres matchs à 19h30, le derby des Alpes Oyonnax – Grenoble à 21 heures et le choc Brive – Vannes exceptionnellement placé samedi soir (21 heures) en l’absence de la concurrence du Top 14.
Et avec cette nouvelle saison qui démarre, une question naturelle se pose : qui est le mieux placé sur la grille de départ pour monter à l’étage supérieur dans dix mois ? Interrogation légitime mais complexe tant les prétendants semblent proches sur le papier.
Les entraîneurs ont voté pour Vannes
En sa qualité de relégué du Top 14, Vannes requiert logiquement une attention particulière. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le club breton a obtenu de loin le plus de voix (9) dans le sondage effectué par nos confrères du Midi Olympique auprès des entraîneurs de la division sur qui ils voyaient remporter le titre de champion. Vannes a pu conserver un gros noyau de joueurs importants présents la saison dernière comme Maxime Lafage, Mako Vunipola, Francisco Gorissen ou Michael Ruru et s’est bonifié derrière avec l’arrivée de l’ancien Palois Eliott Roudil et surtout le rapatriement de l’ancien crack de la Rabine Anthony Bouthier, dont la longueur du jeu au pied devrait être une bénédiction pour l’équipe entraînée par Jean-Noël Spitzer.
Comme Vannes, Brive est également calibré pour être un ténor de la Pro D2. Éliminé la saison dernière en demi-finale par Montauban à la surprise générale, le CAB se présente cette année encore avec de très solides arguments. Le premier d’entre eux est financier, avec le plus gros budget de la division (21,775 millions d’euros), ce qui est un marqueur à défaut d’être un gage de performance, puisque c’était déjà le cas l’an dernier. Cela fait aussi depuis 2022 avec l’Aviron bayonnais que le plus gros budget de Pro D2 n’a pas été sacré champion.
Grenoble toujours dans le coup
Grenoble, qui s’est qualifié pour la finale lors des trois dernières saisons sans jamais pouvoir franchir le cut, ne peut également pas être sorti de l’équation. Reste à savoir si le groupe isérois, très qualitatif sur le papier, réussira à se remettre une fois encore la tête à l’endroit après autant d’échecs. Dans ces colonnes, le directeur du rugby Aubin Hueber évoquait l’idée d’ajouter un préparateur mental à la cellule de performance et avait demandé à ses joueurs et son staff « de se vider la tête, de profiter des proches et des potes et de couper les téléphones. » À voir si les conseils de l’ancien demi de mêlée auront porté leurs fruits.
Dernier larron du groupe de cadors, Provence Rugby veut lui aussi franchir le cut cette année, lui qui a buté deux fois d’affilée en demi-finale. L’arrivée de l’ancien sélectionneur Philippe Saint-André dans un poste transversal de responsable du rugby a pour visée de faire grandir encore ce club qui rêve de Top 14. Le départ à la retraite du vétéran neo-zélandais Jimmy Gopperth a été compensé par le recrutement de l’ouvreur des Fidji Caleb Muntz, qui devrait être une des attractions du championnat. La première ligne provençale a également été densifiée avec les venues de l’international français Sébastien Taofifenua, de l’ancien Bordelais Romain Latterrade ou encore de l’Espoir toulousain Malachi Hawkes, venu à Aix en prêt.
Enfin, il y a le facteur X. Celui qu’on ne voit pas venir en début de parcours et qui arrive à s’inviter à la table des grands. Le plus bel exemple est celui de Montauban, qui sortait d’une saison 2023-2024 très compliquée, où l’USM avait dû passer par la case barrage, et qui a réussi l’énorme coup il y a 3 mois de se qualifier et de tout emporter sur son passage en phase finale. Un destin qui pourrait donner des idées à Oyonnax, Béziers ou encore Colomiers pour cette saison qui s’annonce à la fois palpitante et terriblement indécise.